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Les sols en danger

Les sols en danger

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Les sols sont fragiles. Ils mettent plusieurs siècles à se former, mais peuvent être dégradés très rapidement. Les sols fertiles sont minoritaires. À nous tous de les préserver.

Comment est « fabriqué » le sol ?

Le sol est composé de débris de roches, de grains de sable et d’argile, de morceaux de plantes et d’animaux morts. Entre ces éléments, il y a plus ou moins d’espace où circulent l’air et l’eau et où vivent une multitude d’êtres vivants.
Le sol met plusieurs milliers d’années à se constituer : la roche-mère, élément minéral, est altérée par l’air et l’eau. Elle se fracture, se délite… Cela permet l’installation de premières plantes pionnières. Ensuite, la matière organique provenant de plantes et d’animaux morts forme en surface une litière. Décomposée par la faune du sol, elle est transformée en humus qui se mélange aux éléments minéraux pour créer un sol de plus en plus riche et profond où s’installent d’autres végétaux et animaux.

Il existe une grande de diversité de sols, et les sols fertiles sont rares sur notre planète (moins de 15 % de la surface terrestre).
 

Les sols menacés par les activités humaines

Les activités humaines ont appauvri les sols en matières organiques et en éléments minéraux/nutritifs, les ont transformés, imperméabilisés, pollués…
On estime que plus de 40 % des sols cultivés du monde sont déjà dégradés en conséquence des activités humaines, phénomène qui s’accentue et qui pourrait s’aggraver avec les changements climatiques.

L’impact de l’agriculture sur les sols

Pendant longtemps, les hommes se sont adaptés aux sols et aux climats pour cultiver ce dont ils avaient besoin. Les cycles naturels des végétaux étaient respectés, ainsi que la qualité des sols.
Le développement d’une agriculture plus intensive, si elle a permis d’accroître les productions vivrières, a contribué à la pollution des sols notamment suite à l’usage intensif d’engrais de synthèse et de produits phytosanitaires pour lutter contre les mauvaises herbes et les parasites. Ces produits contiennent des éléments qui ne sont pas tous dégradables. Ils peuvent donc rester dans le sol ou être entraînés par la pluie vers les nappes phréatiques ou les rivières ou être transférés vers les plantes, les animaux et l’Homme.
L’agriculture peut aussi agresser le sol en provoquant son tassement par le passage d’engins de plus en plus lourds. Le sol compacté ne laisse passer ni l’eau ni l’air, et la faune du sol (par exemple, les vers de terre) diminue.
Le sol laissé nu une bonne partie de l’année peut voir une part non négligeable de ses éléments fertiles emportés par l’eau (érosion hydrique) ou le vent (érosion éolienne), cette dernière étant peu fréquente en France. En cas de tempêtes ou de fortes pluies, ce sont plusieurs dizaines de tonnes de sol par hectare et par an qui peuvent disparaître et être entraînées vers les cours d’eau qu’ils rendent boueux.

Le labour et la moindre restitution des résidus de culture (pailles…) entraînent également une diminution de la biodiversité et des matières organiques contenues dans les sols.
La baisse de la qualité des sols peut donc induire une baisse des rendements des récoltes et de leur fertilité.

Les pollutions des industries et des transports

Les industries et les transports rejettent des polluants qui, après avoir été transportés dans l’air, sont déposés sur le sol par les pluies. Les industries ont également été à l’origine de nombreuses pollutions directes et localisées des sols par des métaux lourds ou des hydrocarbures…

L’érosion accélérée

La déforestation ou les incendies de forêt mettent le sol à nu. Sans couverture végétale, le sol se dégrade plus vite. Il est touché plus facilement par l’érosion.

L’imperméabilisation des sols

Les routes, les bâtiments, les surfaces bétonnées couvrent le sol et le font disparaitre. Par ailleurs, l’eau ne peut plus pénétrer sur ces surfaces imperméables de plus en plus importantes et ruisselle, ce qui grossit les cours d’eau plus rapidement et peut provoquer des inondations.

Source ADEME

En savoir plus : https://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/dossiers-comprendre/dossier/sols-tresor-a-proteger/sols-danger

Les sols et le changement climatique : un rapport alarmant du GIEC

Les sols et le changement climatique : un rapport alarmant du GIEC

Jeudi 8 août 2019, le groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), réuni à Genève, a rendu public un rapport alertant sur la surexploitation des ressources terrestres et ses conséquences sur le climat.

Validé par les 196 parties (195 pays et l’Union européenne) signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, le rapport du GIEC résulte des travaux d’une centaine de chercheurs de 52 pays. Faisant suite à un rapport rendu public en 2018 sur les effets du réchauffement climatique de 1,5°C et précédant un prochain rapport sur les océans et la fonte des zones glaciaires, ce rapport porte plus spécifiquement sur l’exploitation des ressources agricoles et forestières.

Le constat : un épuisement des ressources

Les experts du GIEC font le constat de l’épuisement des ressources du fait de la surexploitation des sols et des forêts. 70% des terres émergées libres de glace sont sous l’emprise de l’agriculture, de l’élevage ou de l’exploitation forestière. Un quart de la surface de la terre est dégradée du fait de l’activité humaine. L’exploitation forestière et l’agriculture sont responsables à elles seules de 23% des émissions des gaz à effet de serre, de 13% des rejets de CO2, de 44% des émissions de méthane et de 82% de celles d’oxyde nitreux (protoxyde d’azote). Le GIEC rappelle la nécessité de préserver les sols qui, par leur couverture végétale et boisée, constituent un puits de carbone permettant l’absorption de 30% des émissions humaines de CO2.

Changer les pratiques alimentaires

Dans ses préconisations pour ralentir les effets de la surexploitation forestière et agricole, le rapport évoque la transformation du « système alimentaire mondial » par la lutte contre le gaspillage des denrées (entre 25 et 30% de la production) et par le changement des habitudes alimentaires vers un régime nettement moins carnivore. Un autre axe de réduction de l’exploitation à outrance des surfaces agricoles et forestières serait la sécurisation des droits fonciers et l’accès aux terres pour les populations locales.

Sans des changements importants de modes de vie, de consommation et d’alimentation, mais aussi sans une baisse rapide des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine dans tous les secteurs », les objectifs de limitation de l’accroissement de la température de 1,5°C en 2050 ne seront pas atteignables rappelle le GIEC.

Source : Vie publique

En Arctique, le permafrost fond 70 ans plus tôt que prévu

Notre planète se réchauffe dangereusement. De plus en plus d’études le confirment. Mais aujourd’hui, une nouvelle découverte, celle de la fonte du permafrost des îles arctiques du Canada, pourrait indiquer que la crise climatique s’installe plus rapidement encore que les scientifiques ne l’avaient craint.

Ce que les chercheurs appellent permafrost – ou encore pergélisol – c’est une couche de terre, de roche ou de sédiments qui présente la particularité de rester gelée pendant plus de deux années consécutives. Il recouvre aujourd’hui environ un quart de notre hémisphère Nord. Et des chercheurs de l’université d’Alaska Fairbanks (États-Unis) viennent de découvrir que le permafrost des îles arctiques du Canada a commencé à fondre.

Une nouvelle qui suscite l’inquiétude pour deux raisons. D’abord parce que les modèles climatiques établis par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ne prévoyaient pas un tel dégel avant… 2090 ! Ensuite parce que cette fonte du permafrostpourrait bien accélérer encore un peu plus le réchauffement climatiqueen libérant dans l’atmosphère une grande quantité de gaz à effet de serre.

Entre 2003 et 2016, les îles arctiques du Canada ont connu une succession d’étés anormalement chauds. Résultat, des indices de dégels moyens de 150 à 240 % supérieurs à la normale de 1979-2000. « Nous avons été sidérés en découvrant que le permafrost avait réagi aussi rapidement aux températures élevées de l’air », raconte Louise Farquharson, chercheuse à l’université d’Alaska. Une conséquence aussi, semble-t-il, du faible amortissement thermique des couches organiques et de la végétation présentes au sol dans la région et de la présence de glace de sol près de la surface.

Source : Futura planete

«Les sols contiennent environ 2 000 milliards de tonnes de carbone»

«Les sols contiennent environ 2 000 milliards de tonnes de carbone»

Chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique, Jérome Balesdent répond aux questions de «Libération» sur les pouvoirs de séquestration du carbone par les sols.

Auteur de 80 clés pour comprendre les sols (2015), Jérome Balesdent est directeur de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et spécialiste de la séquestration du carbone dans les sols. Il nous explique en trois questions ce mécanisme vertueux pour lutter contre le changement climatique.

Par quel mécanisme les sols capturent-ils du carbone ?

Dans le cycle naturel du carbone, les végétaux le captent dans l’atmosphère grâce à la photosynthèse. Après l’avoir utilisé pour leur croissance, ils le transfèrent dans le sol via leurs racines, feuilles et bois morts. Le carbone peut y rester des décennies voire des siècles avant d’être relâché dans l’atmosphère. Les sols contiennent environ 2 000 milliards de tonnes de carbone. Depuis la révolution industrielle les humains émettent beaucoup de carbone dans l’atmosphère. La biosphère et les sols auraient piégé deux à trois milliards de tonnes par an, soit environ un tiers du carbone dégagé par les hommes, contribuant ainsi à retarder le réchauffement climatique mondial. 

Les activités humaines limitent-elles ces capacités de stockage ?

L’agriculture intensive et la déforestation tropicale ont appauvri les terrains et restreint les quantités de carbone séquestré. Un programme comme le «4 pour 1000», lancé par le gouvernement français lors de la COP 21 sur le climat de 2015, a pour but de développer les techniques augmentant le stockage. C’est une solution à déployer en parallèle des réductions d’émissions de gaz à effet de serre et des projets d’adaptation aux conséquences du changement climatique.

Quelles techniques peuvent aider les sols à séquestrer le carbone ?

En termes d’agriculture et de sylviculture, on peut augmenter les surfaces de prairies. L’agroforesterie, qui consiste à allier cultures et forêts, est aussi efficace. Tout comme l’agriculture sans labour et l’adoption de cultures intermédiaires. Les consommateurs ont aussi un rôle important à jouer pour limiter les importations de produits issus de l’agriculture intensive et de la déforestation. Par ailleurs, recycler les matières organiques dans les sols permet de les rendre plus fertiles, plus stables et donc de lutter contre l’érosion. Cela a un double effet positif pour limiter les impacts du changement climatique.

«Les écosystèmes ne peuvent pas continuer à absorber beaucoup de CO2»

«Les écosystèmes ne peuvent pas continuer à absorber beaucoup de CO2»

Une étude relativise la capacité de la végétation de la Terre à absorber nos émissions de CO2 si les sécheresses deviennent plus fréquentes.

Il ne faut pas trop compter sur la végétation terrestre pour absorber nos émissions de CO2 sur le long terme. En cause, la multiplication des événements extrêmes, qui créent un contexte pas idéal pour l’absorption du dioxyde de carbone. C’est ce qui ressort d’un article scientifique publié par sept chercheurs dans la revue Nature. Une géophysicienne suisse, Sonia Seneviratne, co-auteure de ce travail, analyse les résultats.

Pourquoi est-ce que les forêts sont-elles des puits à dioxyde de carbone moins efficaces que ce qu’on pensait ?

Pendant les années sèches, les écosystèmes (forêts, sols et prairies) capturent beaucoup moins de CO2. Et ça n’est pas compensé par les années humides pendant lesquelles il y a une saturation : il n’y a pas d’augmentation supplémentaire de la capture du CO2. La question principale est : dans quelle mesure va-t-on vers plus de conditions sèches dans le futur ou pas ? C’est un point qui reste à résoudre. Le rapport du Giec, sorti cet automne, montre, dans certaines régions, l’augmentation du risque de sécheresse au-dessus de 1,5°C, et d’autant plus avec des niveaux plus élevés de réchauffement climatique.

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Au début de votre article, vous rappelez que 25% des émissions de CO2 actuelles stockées sur les continents par les sols, forêts, prairies… Et sur le long terme ?

A un moment, il peut y avoir un retournement : avec une trop grosse augmentation des sécheresses, ce puits ne va pas continuer à se maintenir de manière indéfinie. Les possibilités de stockage vont diminuer. Et on sait que le risque augmente avec le réchauffement global. C’est particulièrement le cas sur le pourtour méditerranéen, où nous observons déjà une augmentation des sécheresses qui peut être attribuée au réchauffement actuel de 1°C. Et ce risque va augmenter si les émissions de CO2 persistent et induisent un réchauffement global à 1,5 et au-delà.

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D’autres études ont été trop optimistes en disant que dans le contexte d’une augmentation des concentrations de CO2, les plantes pourraient continuer à prendre du CO2 et en plus résister à la sécheresse. C’est ce que l’on appelle l’effet de fertilisation sur les plantes. S’il y a plus de CO2dans l’atmosphère, les plantes évaporent moins. Mais si elles sont soumises à une pénurie d’eau, elles auront tendance à arrêter leur photosynthèse et donc à arrêter de prendre du CO2. L’effet de la sécheresse est donc très important et peut annuler l’effet de la concentration du COsur la croissance des plantes.

La séquestration du CO2 est de plus en plus présentée comme une solution miracle pour limiter et atténuer le changement climatique. A-t-on été trop optimiste ?

Ces processus sont représentés dans les modèles climatiques, donc en soi, on ne peut pas dire que les modèles sont erronés. Il faut prendre conscience du fait que les écosystèmes ne peuvent pas continuer à absorber beaucoup de CO2 si on va vers des conditions beaucoup plus sèches. Puisque le CO2 s’accumule dans l’atmosphère, la capture par les plantes peut aider un peu mais il y a ce phénomène de saturation. Ce serait rêver qu’imaginer qu’on peut simplement compenser en plantant plus de forêts ou de végétation. Et le stockage dans le sol peut ne pas être définitif. Il est donc avant tout important de diminuer les émissions de CO2, ce qui ne peut être atteint seulement avec l’arrêt d’utilisation des combustibles fossiles.

L’OMS Alerte,Dégradation des sols et désertification

L’OMS Alerte,Dégradation des sols et désertification

Qu’est-ce que la dégradation des sols?

La dégradation des sols est due à de nombreux facteurs, dont les phénomènes climatiques extrêmes, en particulier la sécheresse, et aux activités humaines qui polluent les sols ou nuisent à leur qualité ou leur utilité, ce qui a une incidence négative sur la production agroalimentaire, les moyens de subsistance et la production et la fourniture d’autres biens et services écosystémiques.

Menaces contre l’intégrité des sols

Au XXe siècle, la dégradation des sols s’est accélérée sous l’effet des pressions croissantes et combinées de la production agricole et de l’élevage (surproduction, surpâturage, reconversion forestière), de l’urbanisation, de la déforestation et des phénomènes climatiques extrêmes tels que les sécheresses et les crues côtières qui provoquent la salinisation des sols. La désertification est une forme de dégradation des terres fertiles.

Quelles sont les conséquences de la dégradation des sols sur la santé?

Certains phénomènes sociaux et environnementaux contribuent à la dégradation des terres arables et des pâturages, essentiels à l’approvisionnement alimentaire et à la qualité de l’eau et de l’air. Les liens entre la dégradation des sols, la désertification et la santé sont complexes.

La dégradation des sols et, à certains endroits, l’avancée du désert entraînent la réduction de la production agroalimentaire, l’assèchement des sources d’eau et le déplacement des populations vers des régions plus habitables. Les conséquences potentielles de la désertification sur la santé sont les suivantes:

  • augmentation du risque de malnutrition en raison d’une réduction de l’approvisionnement en nourriture et en eau;
  • multiplication des maladies à transmission hydrique et d’origine alimentaire en raison du manque d’hygiène et d’eau propre;
  • maladies respiratoires dues aux poussières provoquées par l’érosion éolienne et à d’autres polluants atmosphériques;
  • propagation de maladies infectieuses en raison des migrations.

Ressources

La dégradation des sols oblige les humains à migrer

La dégradation des sols oblige les humains à migrer

La dégradation des sols n’est pas un problème isolé : elle affecte de multiples régions et de nombreux habitants du monde. Elle altère la production de nourriture, la qualité de l’eau (…) et lorsque la terre se dégrade, souvent les gens migrent », a déclaré à l’AFP le scientifique Robert Watson, à la veille de la révélation de cette vaste enquête. Ce rapport a été réalisé par une centaine de chercheurs bénévoles de 45 pays pour le compte de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

La dégradation des sols, qui fait partie de cet inquiétant panorama, peut se traduire par le fait qu' »il n’y a plus de terres cultivables et donc une perte des moyens de subsistance », a ajouté M. Watson, président de ce groupe international. L’IPBES, créée en 2012 à l’initiative de l’ONU et qui compte aujourd’hui 129 pays membres, a déjà rendu vendredi 24 mars un diagnostic inquiétant sur l’état de la biodiversité de la planète, surexploitée par les humains qui menacent leur propre bien-être en provoquant le déclin de la faune et de la flore. Des scientifiques et décideurs de 116 pays de l’IPBES, réunis à huis clos pendant toute la semaine à Medellin, en Colombie, ont tiré la sonnette d’alarme sur les risques d’une extinction massive des espèces, la première depuis la disparition des dinosaures, la première provoquée par les humains et leurs abus.

Sciences et Avenir avec AFP le 26.03.2018

La France et la Californie lancent le « défi mondial pour la santé des sols » en faveur du climat

La France et la Californie lancent le « défi mondial pour la santé des sols » en faveur du climat

Lors du Sommet mondial de l’action climatique de San Francisco aux Etats-Unis, la France et l’Etat de Californie ont lancé, le 13 septembre, l’initiative « défi mondial pour la santé des sols » (Global Soil Health Challenge). Cette initiative appelle les gouvernements nationaux et les collectivités « à passer à l’action, en développant des programmes et des politiques favorables aux sols« , a expliqué le ministère français de l’Agriculture. La France et la Californie « partagent l’objectif de préservation des sols fertiles, non dégradés et contribuant aux enjeux climatiques et de biodiversité« .

Aujourd’hui, seuls huit gouvernements incluent des programmes en faveur des sols dans leurs engagements au titre de l’Accord de Paris. En décembre 2015, la France avait lancé l’initiative mondiale « 4 pour 1000 » pour favoriser la séquestration du carbone dans les sols tout en augmentant les rendements. Une nouvelle plateforme numérique a été mise en place afin de renforcer la collaboration internationale entre scientifiques, agriculteurs et financiers. « Pour être efficace et conduire à une réelle transition vers des agricultures plus durables, partout dans le monde, ce sont tous les acteurs qui doivent être mobilisés aux côtés des agriculteurs. L’initiative 4 pour 1000 (…) permettra aux agriculteurs de vivre de leur travail et de contribuer à la sécurité alimentaire« , a déclaré le ministre Stéphane Travert.

La Californie a investi plus de 700 millions de dollars à ce jour dans des solutions climatiques pour l’agriculture, qui comprennent des stratégies à la ferme pour la séquestration du carbone dans le sol.

Source : www.actu-environnement.com

Glyphosate : potentiellement dangereux même à faible dose

Glyphosate : potentiellement dangereux même à faible dose

L’Institut Ramazzini* a choisi de s’associer aux écologistes européens pour présenter devant la presse les premiers résultats de son étude pilote mondiale qui montre que le glyphosate et les herbicides dérivés modifient certains paramètres biologiques significatifs, y compris à des doses officiellement considérées comme sûres.

Cette étude s’inscrit dans un projet scientifique global et indépendant qui devrait être achevé avant 2022, autrement dit, avant le début du processus de renouvellement de l’autorisation du glyphosate.

Cette étude à long terme visant à étudier les effets du glyphosate, et des herbicides dérivés, sous les angles du développement, de la neurotoxicité, des perturbations endocriniennes et de la cancérogénicité est inédite.
Son objectif est de fournir des données scientifiques indépendantes sur lesquelles fonder une décision impartiale des autorités publiques quant à l’utilisation du glyphosate et herbicides en comprenant.

Déclaration du Professeure Fiorella BELPOGGI, directrice du département Recherche de l’Istituto Ramazzini : « Même à des seuils considérés comme sûrs, le glyphosate et les formules d’herbicides en comportant modifient certains paramètres biologiques significatifs y compris sur des périodes relativement courtes.
À la lumière des résultats obtenus, il est nécessaire d’approfondir la recherche sur la reproduction et le développement mais aussi d’acquérir des données indépendantes sur la cancérogenèse. Ce n’est qu’à cette condition que les pouvoirs publics disposeront de bases scientifiques solides leur permettant de fonder leurs décisions.
Nous espérons qu’en plus d’un soutien financier, les institutions de l’UE accepteront de participer au Conseil scientifique qui suivra le déroulement de notre étude. »

Déclaration de Michèle RIVASI, coordinatrice au sein de la Commission spéciale sur le processus d’autorisation des pesticides au sein de l’UE (PEST) : « Nous avons atteint les limites d’un système qui ne permet plus de protéger efficacement les citoyens des risques liés à la commercialisation de substances chimiques nocives.
Notre groupe a demandé une enquête parlementaire sur le processus d’autorisation des pesticides au sein de l’UE pour analyser et corriger les dysfonctionnements actuels.
Nous savons que ceux-ci sont en partie liés à des conflits d’intérêts en raison du rôle prédominant de l’industrie dans le processus d’évaluation.
Il est urgent de rétablir un équilibre permettant de renouer avec la confiance des citoyens et de s’orienter en fonction de l’intérêt général . »

L’étude de l’Istituto Ramazzini est consultable en ligne sur le site Global Glyphosate Study.
*Fondé il y a 40 ans, l’Institut Ramazzini a étudié plus de 200 agents chimiques présents dans l’environnement et sur les lieux de travail. Ses études – notamment sur le chlorure de vinyle, le chlorure de vinylidène, le benzène, le formaldéhyde, le trichloréthylène -, ont servi de base scientifique pour fixer les seuils d’exposition à diverses substances présentes dans l’environnement ou sur les lieux de travail.
Retrouvez cet article sur Twitter : https://twitter.com/euroecolos/status/996734671730937856
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https://europeecologie.eu/glyphosate-potentiellement-dangereux-meme-a-faible-dose

Chlordécone – Une cartographie des sols contaminés réalisée en Martinique

Une cartographie des sols de Martinique contaminés par la chlordécone, un insecticide cancérogène, a été mise en ligne mercredi à Fort-de-France, a-t-on appris auprès de la préfecture de Martinique.

Cette première « cartographie des analyses de la chlordécone dans les sols » concerne « 37 % de la surface agricole utile » de l’île et ce sont « plus de 11 000 échantillons (de sol) qui ont été analysés dans ce cadre », selon le communiqué de la préfecture.
La chlordécone est un insecticide cancérogène et perturbateur endocrinien longtemps utilisé aux Antilles.
L’annonce a été faite par le préfet Franck Robine lors de la seconde réunion du comité de pilotage local (Copil) du plan chlordécone, indique encore le communiqué.
Ce comité regroupe entre autres des élus et des représentants d’institutions et d’associations de défense de l’environnement.
Cette cartographie répond « à un objectif de transparence » et « constitue un outil d’aide à la décision, notamment pour le choix par les agriculteurs, des cultures qui peuvent réalisées sur des sols contaminés », toujours de même source. La cartographie est visible sur le site www.geomartinique.fr ou sur le site de la préfecture http://www.martinique.pref.gouv.fr/.

Source : AFP

Réunion Publique – Vers une politique publique des sols

Vers une politique publique des sols
11 avril 2018 À 14H30
L’Académie d’Agriculture de France se situe au 18, rue de Bellechasse, 75007 Paris
Tél. : 01 47 05 10 37

ANIMATEUR(S) : Christian VALENTIN
Parmi les différentes activités du groupe Sols, figure la publication d’une série de cinq ouvrages (éditeur ISTE) intitulée : « Les sols au cœur de la zone critique ».
Cette introduction fournira l’occasion de définir ce qu’est la zone critique, d’introduire les trois exposés et d’annoncer la fin des travaux du groupe Sols.

Introduction : Christian VALENTIN
Exposé(s): Gouvernance territoriale des sols – Pierre DONADIEU
Le suivi de l’état des sols : dispositifs existants et recherches associées – Antonio BISPO, INRA, InfoSol, Orléans
Un besoin d’un enseignement sur les sols plus visible en France: Cécile QUANTIN, Prof. Université Paris-Saclay
Conclusion : Jacques BERTHELIN

Moins de vie dans les sols, moins d’insectes et de plantes sauvages, moins d’oiseaux dans les campagnes, moins de vie dans les sols …

Moins de vie dans les sols, moins d’insectes et de plantes sauvages, moins d’oiseaux dans les campagnes, moins de vie dans les sols …

Le printemps risque fort d’être silencieux. Le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) annoncent, mardi 20 mars, les résultats principaux de deux réseaux de suivi des oiseaux sur le territoire français et évoquent un phénomène de « disparition massive », « proche de la catastrophe écologique ». « Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse, précisent les deux institutions dans un communiqué commun. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en quinze ans. »

Attribué par les chercheurs à l’intensification des pratiques agricoles de ces vingt-cinq dernières années, le déclin observé est plus particulièrement marqué depuis 2008-2009, « une période qui correspond, entre autres, à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune [européenne], à la flambée des cours du blé, à la reprise du suramendement au nitrate permettant d’avoir du blé surprotéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes », ces fameux insecticides neurotoxiques, très persistants, notamment impliqués dans le déclin des abeilles, et la raréfaction des insectes en général.

Plus inquiétant, les chercheurs observent que le rythme de disparition des oiseaux s’est encore intensifié ces deux dernières années.

Résultats de deux réseaux de surveillance

Le constat est d’autant plus solide qu’il est issu de deux réseaux de surveillance distincts, indépendants et relevant de deux méthodologies différentes. Le premier, le programme STOC (Suivi temporel des oiseaux communs) est un réseau de sciences participatives porté par le Muséum national d’histoire naturelle. Il rassemble les observations d’ornithologues professionnels et amateurs sur l’ensemble du territoire et dans différents habitats (ville, forêt, campagne). Le second s’articule autour de 160 points de mesure de 10 hectares, suivis sans interruption depuis 1994 dans la « zone-atelier « du CNRS Plaine et val de Sèvre, où des scientifiques procèdent à des comptages réguliers.

« Les résultats de ces deux réseaux coïncident largement et notent une chute marquée des espèces spécialistes des plaines agricoles, comme l’alouette », constate l’écologue Vincent Bretagnolle, chercheur au Centre d’études biologiques de Chizé, dans les Deux-Sèvres (CNRS et université de La Rochelle). Ce qui est très inquiétant est que, sur notre zone d’étude, des espèces non spécialistes des écosystèmes agricoles, comme le pinson, la tourterelle, le merle ou le pigeon ramier, déclinent également. »
Sur la zone-atelier du CNRS – 450 km2 de plaine agricole étudiés par des agronomes et des écologues depuis plus de vingt ans –, la perdrix est désormais virtuellement éteinte. « On note de 80 % à 90 % de déclin depuis le milieu des années 1990, mais les derniers spécimens que l’on rencontre sont issus des lâchers d’automne, organisés par les chasseurs, et ils ne sont que quelques rescapés », précise M. Bretagnolle.

Déclin massif des insectes

Pour le chercheur français, « on constate une accélération du déclin à la fin des années 2000, que l’on peut associer, mais seulement de manière corrélative et empirique, à l’augmentation du recours à certains néonicotinoïdes, en particulier sur le blé, qui correspond à un effondrement accru de populations d’insectes déjà déclinantes ».
A l’automne 2017, des chercheurs allemands et britanniques conduits par Caspar Hallmann (université Radboud, Pays-Bas) ont, pour la première fois, mis un chiffre sur le déclin massif des invertébrés depuis le début des années 1990 : selon leurs travaux, publiés en octobre dans la revue PloS One, le nombre d’insectes volants a décliné de 75 % à 80 % sur le territoire allemand.

Des mesures encore non publiées, réalisées en France dans la zone-atelier Plaine et val de Sèvre, sont cohérentes avec ces chiffres. Elles indiquent que le carabe, le coléoptère le plus commun de ce type d’écosystème, a perdu près de 85 % de ses populations au cours des vingt-trois dernières années, sur la zone étudiée par les chercheurs du CNRS.
« Or de nombreuses espèces d’oiseaux granivores passent par un stade insectivore au début de leur vie, explique Christian Pacteau, référent pour la biodiversité à la Ligue de protection des oiseaux (LPO). La disparition des invertébrés provoque donc naturellement un problème alimentaire profond pour de nombreuses espèces d’oiseaux et ce problème demeure invisible : on va accumuler de petites pertes, nid par nid, qui font que les populations ne sont pas remplacées. »

Dégradations profondes de l’environnement

La disparition en cours des oiseaux des champs n’est que la part observable de dégradations plus profondes de l’environnement. « Il y a moins d’insectes, mais il y a aussi moins de plantes sauvages et donc moins de graines, qui sont une ressource nutritive majeure pour de nombreuses espèces, relève Frédéric Jiguet, professeur de biologie de la conservation au Muséum et coordinateur du réseau d’observation STOC. Que les oiseaux se portent mal indique que c’est l’ensemble de la chaîne trophique [chaîne alimentaire] qui se porte mal. Et cela inclut la microfaune des sols, c’est-à-dire ce qui les rend vivants et permet les activités agricoles. »

La situation française n’est pas différente de celle rencontrée ailleurs en Europe. « On est dans la continuité d’une tendance lourde qui touche l’ensemble des pays de l’Union européenne », note M. Jiguet. Est-elle réversible ?« Trois pays, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni, ont mis en œuvre des politiques nationales volontaristes pour inverser cette tendance lourde, en aménageant à la marge le modèle agricole dominant, explique Vincent Bretagnolle. Aucun de ces trois pays n’est parvenu à inverser la tendance : pour obtenir un effet tangible, il faut changer les pratiques sur des surfaces considérables. Sinon, les effets sont imperceptibles. Ce n’est pas un problème d’agriculteurs, mais de modèle agricole : si on veut enrayer le déclin de la biodiversité dans les campagnes, il faut en changer, avec les agriculteurs. »

Source : Le monde Mars 2018

Réduire la destruction des sols pour fournir un exutoire aux déchets

Réduire la destruction des sols pour fournir un exutoire aux déchets

CET AVIS D’EXPERT DE ZEROWASTE PERMETTRAIT DE REDUIRE LA DESTRUCTION DES SOLS POUR FOURNIR UN EXUTOIRE AUX DECHETS
Oui, les plans régionaux déchets peuvent être prescriptifs !
Les régions ont-elle les moyens de dicter la politique déchets dans les territoires ? Oui, répond Thibault Turchet.

Le responsable des affaires juridiques et réglementaires de Zero Waste France le démontre par l’analyse de la jurisprudence rendue sur les plans départements de gestion des déchets.
Alors que la planification régionale des déchets est en cours, plusieurs questions émergent en particulier sur l’obligation d’atteindre ou non les objectifs de la Loi de transition énergétique (LTECV), et le degré de précision attendu quant aux installations à créer, adapter ou fermer. La jurisprudence rendue sur les plans départementaux apporte des réponses guidant la prise de décision.

Un impératif : tenir les objectifs de la loi de transition énergétique

Conséquence et condition de l’application de la LTECV, les plans régionaux ne pourront faire l’impasse sur les grands objectifs qui en sont issus, notamment la prévention (-10% de déchets ménagers et assimilés en 2020), le recyclage (65% des déchets non dangereux non inertes en 2025), et la mise en décharge (-50% en 2025).

Rappelons que les plans doivent établir des scénarii et des projections conformes aux dispositions légales qu’ils mettent en œuvre, en fixant les proportions de déchets réemployés, recyclés ou éliminés. En ce sens, ce sont les objectifs de la LTECV qui devront être mis en œuvre. En effet, la loi NOTRe, codifiée à l’article L541-13 II du Code de l’environnement, détaille le contenu du plan « pour atteindre les objectifs mentionnés à l’article L541-1 », c’est-à-dire les dispositions issues de la LTECV. La loi NOTRe dispose en outre que « le plan peut prévoir, pour certains types de déchets spécifiques, la possibilité, pour les producteurs et les détenteurs de déchets, de déroger à la hiérarchie des modes de traitement » (article L541-13 VI du Code de l’environnement). Pour sa part, le décret du 17 juin 2016 ne fait que renforcer la portée de la LTECV, dès lors que le plan est censé « décliner les objectifs nationaux définis à l’article L541-1 de manière adaptée aux particularités régionales ».

Si la loi parle ainsi de dérogation, et le décret « d’adaptation » des objectifs, il ne semble pas que ces notions remettent en cause les objectifs de la LTECV. En effet, c’est bien la notion légale de « dérogation » qui semble devoir être retenue, comme récemment précisé par le Tribunal administatif (TA) de Rennes. En l’occurrence, un département avait décidé de déroger à la hiérarchie des modes de traitement pour 69% de la population du territoire. Conformément aux dispositions du Code de l’environnement et à leur « esprit », le Tribunal a considéré que cela excédait les limites d’une dérogation, forcément limitée. Il y a donc lieu de considérer que les dérogations ne peuvent qu’être minoritaires, soit en portant sur des gisements de déchets spécifiques (aspect qualitatif), et sur des tonnages et/ou une population limités (aspect quantitatif). Le contrôle des juridictions sur cet aspect s’est en tout cas clairement renforcé, dans la mesure où elles sont passé d’un contrôle de « l’erreur manifeste d’appréciation » à un contrôle « normal », plus fin, au gré des modifications législatives et de l’ajout d’objectifs chiffrés depuis le Grenelle.

Cette interprétation du TA de Rennes n’est d’ailleurs pas incongrue quand on sait qu’en France, chaque collectivité peut en quelque sorte être considérée comme liée par les objectifs de la LTECV. La loi, générale et absolue dans un Etat français unitaire, prévoit à cet effet que « le service public de gestion des déchets décline localement ces objectifs pour réduire les quantités d’ordures ménagères résiduelles après valorisation ». En ce sens, le terme « décliner » semble se rapprocher de la « mise en oeuvre » de ces objectifs nationaux, dans la mesure où c’est bien l’addition de chaque collectivité et a fortiori de chaque région qui permettra d’atteindre lesdits objectifs.

Faciliter la transition vers l’économie circulaire : planifier précisément les installations

Une fois les objectifs fixés, reste à rentrer dans le cœur de l’exercice : la planification des installations, dont le décret du 17 juin 2016 a renforcé le caractère prescriptif en prévoyant que le plan « mentionne notamment les installations qu’il apparaît nécessaire de créer, d’adapter ou de fermer afin d’atteindre ces objectifs » (article R541-16 I 5°). Cette prérogative, délicate à manier, amène certaines régions à considérer qu’elles ont une compétence peu étendue, au motif de l’empiètement sur les compétences de l’Etat, des droits acquis des exploitants ou de la libre administration des collectivités locales.

Pourtant, la réglementation et la jurisprudence sont claires : le rapport de « compatibilité » des choix de terrain avec le plan lui confère une véritable force juridique et un pouvoir d’orientation. La compatibilité crée un « rapport » entre deux éléments (le plan et une décision locale) qui exclut l’ambiguité, et oblige par conséquent l’autorité planificatrice à prendre position. Cette notion a été définie de façon très intéressante par le TA de Lyon : « leur définition doit être suffisamment précise pour que l’autorité compétente chargée de délivrer une autorisation individuelle en matière d’élimination des déchets ménagers et assimilés soit en mesure d’établir si le site ou l’installation en cause s’inscrit dans le cadre de la gestion prévue par le plan ».

Cette exigence de précision se retrouve donc dans de nombreux jugements anciens et récents. Voir en ce sens le TA de Toulouse : « il incombe aux concepteurs du plan […] de procéder à un exposé raisonné et motivé de ce qui pouvait être conservé, devait être modernisé ou remplacé ou même crée « ex nihilo » […] » . Pour ce faire, la Cour administrative d’appel (CAA) de Lyon a conforté le rôle du planificateur, qui n’a pas à retenir automatiquement tous les projets même entérinés par une collectivité locale, dans la mesure où ils ne rempliraient pas les objectifs assignés au plan.

L’annulation du PREDEC d’Ile-de-France : une décision qui cadre le pouvoir des régions

Subsiste un traumatisme au sein des régions : celui de l’annulation du PREDEC d’Ile-de-France de 2015 qui prévoyait un moratoire sur les installations de stockage de déchets inertes (ISDI) pendant trois ans en Seine et Marne, puis la mise en place d’un plafond de stockage. Si cette décision a le mérite de fixer une limite claire au pouvoir des régions, elle n’a pas pour autant pour conséquence d’annihiler tout pouvoir prescriptif. Rappelons d’abord que ce jugement est intervenu dans un contexte très spécifique, celui des déchets du BTP en région parisienne, envoyés dans les départements ruraux excentrés. Un tel moratoire, fondé en partie sur une raison de (non) acceptabilité des installations de stockage, semblait trop inconditionnel pour la bonne prise de décision au niveau local. Le plan a probablement été censuré sur ce point car un tel moratoire s’apparente à une « suspension » de décision, l’action administrative étant alors « passive » (ne pas autoriser, remettre à plus tard la décision), et non plus « active » (au sens d’un programme d’action à mettre en œuvre).

Surtout, c’est certainement l’argument du « rééquilibrage territorial » qui n’a pas convaincu. A notre sens, une telle décision fondée sur une analyse fine des besoins en exutoires, et plus précisément des « non besoins » découlant d’objectifs de recyclage (depuis lors fixés à 70% des déchets du BTP), constituerait une base légale plus solide à l’image de l’objectif de division par deux des déchets en décharge d’ici 2025. Si le Tribunal a considéré que « ces dispositions ont pour effet de lier la compétence de l’autorité compétente » (ce qui relève de la tautologie), il faut surtout comprendre que les Conseils régionaux ne peuvent pas tout verrouiller en amont de façon trop générale, et en tout cas doivent trouver de solides arguments légaux (la LTECV en recèle de très nombreux) pour être juridiquement fondés.

Plusieurs cas de figure sont ainsi à envisager. Prévoir les exutoires à créer, en particulier pour les filières à soutenir (centres de tri, biodéchets, etc.) permettra de bien orienter l’investissement des collectivités locales. Cela est encore plus vrai pour le traitement des déchets résiduels (incinérateurs, centres de stockage, chaudières combustibles solides de récupération (CSR)), que la région est parfaitement en droit d’encadrer et de coordonner dans le but d’éviter des surcapacités. En matière d’adaptation des installations, les régions pourront mettre en lumière les évolutions nécessaires, et trouver un équilibre dans le cadre de la compatibilité avec des lignes directrices pouvant influencer fortement les décisions locales et les dossiers ICPE. Quant aux installations en fonctionnement, si la région n’a pas le pouvoir matériel de les faire fermer, elle peut par exemple constater l’absence de besoins additionnels pour différents gisements, voire interdire les renouvellements et extension de capacité à plus long terme. En effet, des plans tablant sur des hausses de capacité de certaines usines ont a contrario déjà été validés (qui peut le plus, peut le moins).

Source : Actu environnement Mars 2018

Le guide des bonnes pratiques forestières pour préserver les sols vient de paraitre

Le guide des bonnes pratiques forestières pour préserver les sols vient de paraitre

PRATICSOLS
GUIDE SUR LA PRATICABILITE DES PARCELLES FORESTIERES

Ce guide pratique porte un sous-titre compliqué mais il emploie des mots simples, montre des schémas clairs et est lisible par tous.
Ce guide a pour objectif d’éviter ou de réduire le tassement et l’orniérage des sols forestiers de plaine, de colline et de piémont en préconisant une méthode de réduction du nombre des passages d’engins et de leur pression au sol.
Il est issu d’une large concertation entre tous les acteurs de la forêt française y compris l’association France Nature Environnement.

Le Club Parlementaire pour la Protection et l’Etude des Sols recommande ce guide qui montre qu’il est possible de mobiliser une ressource végétale sans détruire ni dégrader les conditions de son renouvellement, à commencer par le bon état des sols.

Beaucoup d’autres usages des sols mériteraient un guide des bonnes pratiques …

Télécharger le guide : ici

Le Sénat veut montrer la voie dans la limitation des pesticides en Europe

Le résumé de l’interview du Sénateur Joël Labbé par Guillaume Jacquot est très clair. Il permet de comprendre à la fois les limites, la pertinence, l’opportunité et le devenir du texte législatif qui est une résolution.
Toute l’astuce qui a consisté à jouer sur les délais du « qui ne dit mot consent » pourrait faire partie d’un « savoir faire législatif » très utile pour défendre la biosphère en général et la santé environnementale en particulier.
La méthode qui a consisté à ôter le conflictuel pour acter l’unanimité me semble un moyen particulièrement efficace (à condition de choisir la bonne opportunité) pour progresser par petits pas ou par sauts.

Lien vers article : ici

Lettre de Nicolas Hulot au Sénateur Labbé: ici

l’urbanisation des territoires inquiète les aménageurs de l’espace rural

l’urbanisation des territoires inquiète les aménageurs de l’espace rural

Selon source Batiactu et AFP du 31 mai : ici

Depuis 2015, l’urbanisation des terres repart à la hausse pour atteindre 30.000 hectares en 2016. Une situation qui alarme la Fédération nationale des Safer, sociétés d’aménagement de l’espace rural.
Lors de sa conférence de presse annuelle, la Fédération nationale des Safer (FNSafer), sociétés d’aménagement de l’espace rural, s’est inquiétée de voir repartir à la hausse les ventes de terrains destinés à l’urbanisation. « Ménageons et partageons le territoire », réclame la fédération dans un communiqué. « L’artificialisation repart et l’accaparement des terres se poursuit ! Deux tendances majeures qui nous conduisent à des impasses », écrit-elle avant de mettre en avant les chiffres : « En France, le marché de l’artificialisation a été divisé par 2 entre 2007 et 2014. Mais, depuis 2015, il repart à la hausse ».
« En 2016, le nombre de ventes de biens en vue de l’extension des villes, des bourgs et des infrastructures, a bondi de 22%, et les surfaces correspondantes de 24% », indique dans un rapport publié mardi la fédération de ces sociétés sans but lucratif, qui ont pour but de faciliter la mise en culture des terres et l’établissement des agriculteurs. « Il est probable que le rythme actuel de l’artificialisation (la bétonisation, ou la bitumisation des terres, NDLR) soit de 50.000 à 60.000 hectares par an, comme au début des années 2000 », alerte ce rapport, qui craint la destruction de l’équivalent de la surface agricole d’un département tous les 5 à 6 ans. « Ne l’oublions pas : la vie de chacun d’entre nous dépend des espaces naturels (agricoles, forestiers et autres). Ces espaces étant finis, un monde durable exige l’arrêt de l’imperméabilisation de nos territoires », souligne la FNSafer.

« On a déjà perdu 2,5 millions d’hectares par l’urbanisation entre 1960 et 2010 et on pourrait en perdre autant d’ici 2060, c’est à dire qu’on va réduire de 8 à 9% la surface agricole française », s’inquiète Robert Levesque, directeur du bureau d’étude auteur du rapport, contacté par l’AFP. Il souligne qu’en périphérie des villes, les zones urbanisées « sont souvent les terres les meilleures » : « les villes, souvent, se sont installées en régions fertiles et, donc, on urbanise les régions fertiles », poursuit-il.
« Depuis 1999, 2005, et depuis 2009, on a mis en place un certain nombre de mesures qui voulaient freiner l’extension urbaine », explique le directeur du rapport, pour qui les outils mis en place ne sont pas efficients : « c’est bien l’explosion de la bulle financière fin 2008 qui a conduit à une contraction de l’extension urbaine » et depuis 2014, sur une conjoncture économique, on repart un peu à la hausse ».
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Alerte sur l’utilisation des sols dans les territoires péri-urbains

Communiqué de presse de l’Association Française pour l’Étude du Sol

17 mai 2017

 Alerte sur l’utilisation des sols dans les territoires péri-urbains

Alors que la communauté internationale est de plus en plus consciente de l’urgence qu’il y a à protéger les sols, soumis à des pressions multiples, les transformations de sols à des fins d’urbanisation continuent de prélever de grandes étendues de terres agricoles et forestières.
L’Association Française pour l’Étude du Sol, l’Afes, alerte sur ces faits et considère que les sols et les nombreux services qu’ils nous rendent doivent être au cœur des décisions d’aménagement et pris en compte à ce titre.

Un intérêt croissant de la part de la communauté internationale.

La décennie 2014-2024 a été désignée « décade des sols » par l’IUSS, l’Union internationale de science du sol2 . Chaque année depuis 20133 , « pour célébrer l’importance du sol comme élément crucial du système naturel et comme contributeur essentiel au bien-être humain » l’Onu, l’Organisation des Nations Unies, célèbre le 5 décembre comme « Journée mondiale des sols » ; l’année 2015 fût aussi déclarée « Année internationale du sol. Les sols sont ainsi reconnus comme une des clés de l’environnement continental. Ces événements traduisent les inquiétudes de la communauté internationale du fait des nombreuses atteintes que les sols subissent ; ils sont largement relayés par l’IUSS et, au travers du GlobalSoilPartnership, par la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation.

Des dégradations massives et extrêmement rapides

Les sols sont l’objet de diverses dégradations sous l’effet de gestions inadaptées mais aussi du fait de changements globaux.
L’augmentation régulière de la population contribue à celle de la demande alimentaire, et les sols restent le principal écosystème sur lequel reposent les mécanismes d’alimentation des plantes.
Les transformations de sols à des fins d’urbanisation font perdre de grandes étendues de terres agricoles et forestières.
Les sols se trouvent à l’interface des mécanismes de régulation des changements climatiques par le rôle qu’ils jouent dans les cycles du carbone et de l’eau.
Historiquement les sociétés humaines ont peu à peu installé leurs lieux d’habitation et d’activité là où l’agriculture pouvait se développer, et donc sur des sols favorables à leur exploitation. C’est le cas en particulier du bassin parisien.

L’Afes rappelle que chaque seconde en France métropolitaine, 27 m 2 de sol disparaissent par imperméabilisation.
Chaque seconde dans le monde, ce sont 6350 m 2 de terres agricoles qui disparaissent.
Bien qu’une légère diminution du rythme d’accroissement de l’artificialisation des sols ait été enregistrée dans notre pays entre 2006 et 2012 (87 000 ha4 ), cette artificialisation se poursuit et concerne pour 87 % de terres agricoles ; c’est donc au détriment de sols de très bonne qualité agronomique et d’autres services que ces sols peuvent rendre : atténuation de la pollution de l’air et de l’eau, protection contre les inondations, création d’îlots de fraîcheur, stockage de carbone…
Les transformations urbaines actuelles de nos sociétés exercent de plus en plus de pressions qui remettent en cause les fonctionnalités indispensables de territoires de plus en plus étendus autour des agglomérations.
L’Afes alerte sur ces faits et considère que les enjeux d’aménagements doivent maintenant prendre en compte les sols, leurs qualités et leurs fonctions, ainsi que les conséquences de leur disparition : de solides réflexions doivent être engagées pour mieux contrôler leur artificialisation.
La qualité des services rendus par les sols ne doit plus être ignorée , comme ne peut plus l’être le fait que les dégradations des sols menacent sur le long terme la qualité de vie des sociétés humaines.

1 AFES – www.afes.fr 2 http://iuss.org/ 3 http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/68/232

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