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Climat + bétonisation = orages meurtriers (publié sur Reporterre.net)

Climat + bétonisation = orages meurtriers (publié sur Reporterre.net)

Source : Article publié sur le site Reporterre.net ici – Hervé Kempf.

Les terribles orages qui ont frappé samedi 3 octobre les Alpes-Maritimes ont provoqué la mort de dix-neuf personnes, la disparition de deux autres, et des dégâts très importants. Le temps est à la peine et à la solidarité, mais aussi à l’analyse. Cet événement est-il extraordinaire ou a-t-il des causes identifiables ?
Extraordinaire ? Non. De plus en plus souvent, à l’automne, les côtes méditerranéennes connaissent ce qu’on appelle « les épisodes cévenols », se traduisant par des pluies intenses augmentant rapidement le débit de rivières dévalant vers la mer. Des inondations sont ainsi souvent provoquées, comme le savent bien les habitants de l’Hérault et du Gard. Il semble cependant que ces épisodes deviennent plus fréquents et ont des conséquences de plus en pus graves. On l’a vu ainsi en janvier 2014 et à nouveau en novembre, dans le Var.
Première question : le changement climatique en est-il responsable ? On ne peut pas l’affirmer, l’épisode actuel étant « noyé » dans la variabilité naturelle, comme l’explique le spécialiste Philippe Dobrinski : « On ne dispose pas de statistiques suffisamment robustes pour conclure à une augmentation de ce genre d’épisodes ces dernières années » , dit-il. Certes, les phénomènes physiques liés au changement climatique devraient conduire à une augmentation des précipitations et à une élévation du niveau de la mer. Comme l’indique le rapport présidé par le climatologue Jean Jouzel sur les conséquences en France du dérèglement climatique, « En fin de [XXIe] siècle, les résultats montrent un renforcement des taux de précipitation extrême, notamment sur les régions d’influence méditerranéenne » (p.34 du volume 4 du rapport Le climat de la France au XXIe siècle).
Mais il n’est pas possible de dire que ces phénomènes dont la probabilité dans l’avenir est quasiment certaine sont déjà à l’œuvre aujourd’hui.
Deuxième question ? Cette catastrophe est-elle naturelle ? Et la réponse est ici sans ambiguïté : non. L’effet de ces orages très puissants a été très aggravé par l’imperméabilisation des sols dans les Alpes-Maritimes, comme cela s’est passé dans le Var l’an dernier.
Voici ce que nous écrit Jean-Paul Legros, de l’Association française pour l’étude du sol :
« Le 3 octobre, on a observé de grosses pluies sur la région de Nice. Sans doute 20 morts à déplorer. Prenons l’exemple de la région de Cagnes-sur-Mer où un petit fleuve côtier, la Brague, était en furie… On n’avait jamais vu cela disent les habitants du lieu. On les croit volontiers.
On se reportera aux deux clichés joints, tirés des documents que l’IGN met en ligne.
Sur le premier, en noir et blanc, on voit la rive droite de la Brague, au moment où elle se jette dans la mer. Son embouchure (noire) coupe la plage blanche. Nous sommes en 1961. Cette rive droite est totalement agricole. Les constructions sont limitées à la côte.

Sur le second cliché, une photographie en couleur, on observe la situation actuelle : tout est urbanisé (maisons, terrasses, piscines). On doit friser un taux d’imperméabilisation des sols de 50%.

Pour se repérer d’un cliché à l’autre on a : le trait de côte, l’autoroute (en construction en 1961), enfin la route qui va de la côte à l’autoroute, tout à fait en haut et à droite.
Il y deux grosses conséquences :
– à pluies égales, la concentration de l’eau dans les points bas peut doubler.
– cette concentration est accélérée dans le temps car cela coule très vite sur le macadam et très vite aussi dans les canalisations d’eau usées qui fonctionnent alors à l’envers : elles amènent rapidement l’eau en bas de pente et la recrachent par les bouches d’égouts.
– tout ceci est aggravé par le fait qu’on a construit dans des zones submersibles. Les exemples de cela sont légion au point que l’on estime à une maison sur six, en France, les constructions mal placées. Je pourrais fournir des dizaines d’exemples (photographiques) scandaleux. »
La conclusion de ces observations de M. Legros est claire : ce qui est en cause, c’est le gaspillage des terres insensé qui continue à se produire dans ce pays, et qui altère notamment les capacités de notre environnement à amortir les effets d’événements météorologiques extrêmes, dont il est fort probable qu’ils vont se multiplier.
Plutôt que de se lamenter, il faut donc changer de politique. Arrêter de bétonner les sols.
Et très concrètement, par exemple, arrêter de « développer » la plaine du Var, comme veut le faire M. Estrosi, le maire de Nice.

Le protoxyde d’azote ? « Une bombe climatique » sur Public Sénat

Le protoxyde d’azote ? « Une bombe climatique » sur Public Sénat

Source : Article publié sur : Public Sénat ici

Tout le monde connaît le CO2, mais très peu de gens ont entendu parler du NO2, le protoxyde d’azote est pourtant le deuxième gaz à effet de serre en France.
Personne n’en parle et pourtant c’est l’un des gaz les plus polluants qui soit. Si les regards et les questions portent sur les émissions de gaz carbonique produites essentiellement par le secteur du transport, on connait peu les effets dévastateurs du protoxyde d’azote.

Invité de l’émission « les pieds sur terre » Jean-claude Marcus de l’association française de l’étude des sols alerte : « C’est une petite bombe climatique (…) ce gaz est 300 fois plus chauffant que le Co2 sur un siècle, mais nous n’avons pas un siècle pour agir ».

En France c’est l’agriculture qui émet le plus de NO2 ajoute Benoit Hartman de France Nature Environnement : « Il ne faut pas penser que l’agriculture émet du gaz carbonique elle émet essentiellement du NO2 ce gaz invisible inodore, et l’agriculture en émet dans des très gros volumes ». En cause les lisers et engrais azoté utilisés par l’agriculture conventionnelle. Et pourtant des alternatives existent comme l’agorécologie qui limite le recours aux engrais et qui évite de « mettre la terre sous perfusion » comme l’explique Jean-Claude Marcus.

Mais le protoxyde d’azote n’a pas que des effets sur le climat ajoute ce spécialiste : « Quand nous avons eu des pics de pollution sur Paris, 80% des particules venaient des exploitations agricoles d’ile-de-France. Le monde agricole n’est pas de mauvaise foi, mais les coopératives agricoles qui vendent les engrais ont tout intérêt à maintenir ce système ».

A quelques semaines du début de la Cop21 qui doit réunir l’ensemble des pays à Paris pour tenter d’arracher un accord pour limiter le réchauffement climatique, le dossier devrait une fois encore diviser. Entre les pays du sud où l’agriculture familliale est majoritaire et où le recours aux engrais pourrait augmenter les rendements et les pays du nord où il est urgent de moins les utiliser.


Le protoxyde d’azote ? « Une bombe climatique » par publicsenat

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