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Exposition AGROECOLOGIE au CESE

Exposition AGROECOLOGIE au CESE

Source : lecese.fr
Communiqué de presse à Télécharger : ici

Saisi par le Premier ministre sur le thème de l’agroécologie, le CESE accueille une exposition sur les grilles du Palais d’Iéna, avant de présenter un projet d’avis le 23 novembre.

En collaboration avec l’INRA, AgroParisTech, AgroCampus Ouest, l’Association française d’agroforesterieles CIVAM, les Chambres d’Agriculture, le Ministère de l’Agriculture, les Parcs naturels régionaux , l’Agence de l’eau Seine Normandie, Afterres2050 / Solagro, l’Agence Initial et le Collectif paysages de l’après pétrole, les grilles du palais d’Iéna accueilleront dès aujourd’hui et jusqu’à la mi-décembre 2016, une série de panneaux destinés à présenter et expliquer les pratiques agroécologiques dans les campagnes françaises.

L’agroécologie est un système de production qui privilégie l’autonomie des fermes et réduit leur consommation d’énergie, d’eau, d’engrais, de produits phytopharmaceutiques et de médicaments vétérinaires. Elle peut aussi améliorer les conditions de vie des agriculteurs et des salariés et contribuer à la revalorisation de leur métier. Aux citoyens consommateurs, elle doit permettre de fournir une alimentation de meilleure qualité sanitaire et nutritionnelle, tout en préservant la biodiversité et les paysages.

Le CESE proposera le 23 novembre des pistes concrètes autour des enjeux économiques et environnementaux auxquels sont confrontées les filières agricoles dans un projet d’avis  rapporté par Mme Cécile Claveirole (Groupe des personnalités qualifiées) au nom de la section de l’agriculture, de la pêche et de l’alimentation présidée par Etienne Gangneron (Groupe de l’agriculture). Dans le cadre de l’élaboration du projet d’avis, la section a fait plusieurs déplacements sur des exploitations mettant en pratique les méthodes agroécologiques en Maine-et-Loire et dans la Vallée de Chevreuse, dont certaines sont mises à l’honneur au sein de l’exposition de photos.

« L’agroécologie apporte des réponses pertinentes aux difficultés économiques mais aussi aux enjeux environnementaux, sanitaires, sociaux qui se posent au secteur agricole. Grace à cette exposition, nous souhaitons faire découvrir au grand public des méthodes développées avec succès dans nos régions, qui permettent de concilier les exigences de production et d’environnement, au bénéfice de l’ensemble des acteurs de la chaîne, de l’amont aux consommateurs en aval », souligne Cécile Claveirole.

Rendez-vous rue Albert de Mun, Paris 75016.

Découvrir les 22 panneaux d’expositions : ici

Revue de Presse : Les sols agricoles insuffisamment protégés par les pouvoirs publics

Revue de Presse : Les sols agricoles insuffisamment protégés par les pouvoirs publics

Le Conseil économique, social et environnemental veut mettre un frein à l’artificialisation des terres et promeut l’agroécologie.
Ressource naturelle précieuse pour la sécurité alimentaire,le maintien de la biodiversité ou même l’atténuation du changement climatique,les sols agricoles sont insuffisamment protégés par les pouvoirs publics. Dans un avis très attendu,voté mercredi 13 mai, le Conseil économique, social et environnemental(CESE) ouvre plusieurs pistes d’action pour tenir compte des services rendus à la société par les sols agricoles. « L’avis vise d’abord à une prise de conscience de l’ensemble de la société sur la valeur et l’importance des terres agricoles, résume Cécile Claveirole, co-rapporteuse du texte. Il s’agit d’une problématique
et d’un enjeu de société. »
La première menace identifiée par le CESE est celle de l’artificialisation de ces terrains. Selon les données réunies par le Conseil, entre 2000 et 2012, 40 000 à 90 000 hectares de terres arables ont disparu chaque année en France sous les nouvelles infrastructures et l’étalement urbain. « Les sols sont une ressource “consommée” de manière complètement abusive, comme si elle était inépuisable », dit Mme Claveirole.
Pour contrer cette tendance, le Conseil préconise de mettre en place une fiscalité favorable à la réhabilitation de logements anciens ou à la réexploitation de zones commerciales obsolètes.
Aujourd’hui, au contraire, les dispositifs fiscaux en vigueur encouragent plutôt l’étalement urbain. En particulier, les plus-values réalisées lors de la vente de terrains agricoles rendus constructibles ne sont que faiblement taxées (5 % à 10 % selon les cas). Un relèvement de cette fiscalité serait d’autant plus justifié, note le CESE, que « le prix d’un terrain constructible de moins d’un hectare s’élève en moyenne à 64 fois celui de l’hectare agricole ».
L’extension des zones urbaines est d’autant plus dommageable que, comme l’explique Cécile Claveirole, « ce sont les meilleures
terres, les plus fertiles, qui disparaissent en premier ». « Historiquement, les villes se sont implantées dans les zones où les terres sont les plus favorables à l’agriculture, précise-t-elle. Ainsi, lorsque les villes s’étendent aujourd’hui, elles empiètent sur les meilleurs terrains dont nous disposons. »
Une limitation du phénomène passe par une densification des centres urbains et un rééquilibrage de l’offre commerciale, dont 62 % se situent, en France, dans les centres commerciaux en périphérie des villes. « On est loin de l’Allemagne, par exemple, ou un tiers de l’offre est en centre ville, un tiers dans les quartiers et un tiers en périphérie », ajoute Agnès Courtoux (groupe CFTC), co-rapporteuse du texte. « Il convient d’encadrer strictement la création de zones commerciales (grandes et moyennes surfaces) ex nihilo en ne les autorisant que là où elles sont totalement justifiées, précise le rapport, et de maintenir une possibilité d’arbitrage par les préfets. »
« Forme d’appropriation »
Le CESE s’est également penché sur la « prise de contrôle des terres par des capitaux étrangers détenus par des sociétés multinationales». Jugé « néfaste » par les conseillers, ce phénomène d’accaparement des terres « se développe en Europe mais aussi en France, s’agissant notamment de grands domaines viticoles », note le CESE. Ce dernier souhaite que « des mesures soient rapidement adoptées pour que les Etats disposent de la faculté d’encadrer, voire de s’opposer à cette forme d’appropriation».
Outre la préservation du foncier agricole, l’autre grand axe de travail du CESE a été l’exploration des moyens de préserver la qualité biologique des sols par de nouvelles pratiques. « Nous pré- conisons d’accroître le soutien aux agriculteurs qui s’engagent, plutôt que pénaliser les pratiques existantes », dit Mme Claveirole.
Le Conseil recommande ainsi en premier lieu d’intensifier la recherche en agroécologie, ainsi que l’on nomme les pratiques visant à tirer parti du capital naturel des écosystèmes (gestion de l’eau, reboisement, lutte contre l’érosion ou utilisation de la biodiversité), plutôt qu’avoir un recours massif à des intrants (engrais, pesticides, etc.) qui en altèrent le capital et les fonctions biologiques.
Parmi celles-ci, le CESE met l’accent sur la capacité à stocker de la matière organique – donc du carbone – et d’atténuer ainsi le changement climatique en cours. Tout le carbone séquestré dans les sols ne finit en effet pas dans l’atmosphère, sous forme de CO2. « Les chercheurs que nous avons auditionnés, explique Mme Courtoux, ont tous insisté sur l’importance de ce point. » Ce rôle de « tampon climatique» des sols « gagnerait à être valorisé », notent les conseillers.
Un programme international de recherche en ce sens a été annoncé fin avril par le ministère de l’agriculture. Avec, en ligne de
mire, la prise en compte de cette fonction des sols dans les négociations en cours, qui doivent culminer, en décembre à Paris,
avec la signature d’un accord universel sur le climat.

Auteur : Stéphane Foucart
Source : Le Monde 15 mai 2015

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