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Parution du rapport d’évaluation du groupement d’intérêt scientifique pour les sols

Parution du rapport d’évaluation du groupement d’intérêt scientifique pour les sols

2015 a été l’année internationale des sols. Dans le sillage de l’objectif 4‰ décidé lors de la COP 21, deux initiatives ont été prises en 2016 : la préparation d’une stratégie nationale des sols ; le lancement d’un réseau national d’expertise scientifique et technique sur les sols. Alors que le dispositif français d’observation des sols porté par le GIS Sol a fêté son quinzième anniversaire, son évaluation stratégique, menée à la demande des ministères chargés de l’agriculture et de l’environnement, permet d’apprécier son positionnement et de proposer des évolutions.

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Stéphane Le Foll reçoit une médaille scientifique

Stéphane Le Foll reçoit une médaille scientifique

Lutte contre le changement climatique Stéphane Le Foll reçoit une médaille scientifique prestigieuse

Le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a reçu vendredi à Paris la médaille de l’Union internationale des sciences du sol (IUSS), pour avoir mis à l’agenda international la question de la séquestration du carbone des sols pour lutter contre le réchauffement climatique.

La médaille a été exceptionnellement remise au ministre français de l’agriculture « pour son action et son engagement dans l’initiative 4 pour 1 000 », a indiqué à l’AFP Jean-François Soussana, chercheur à l’Inra, l’institut qui organisait vendredi un colloque sur le sujet.

Stéphane Le Foll a lancé et promu ce programme de recherche sur la restauration de sols dégradés lors de la conférence internationale sur le climat COP21 sous l’égide de l’Onu, à Paris, en 2015.

Il vise à restaurer les matières organiques des sols dégradés par l’érosion, la sécheresse, l’agriculture trop intensive, la déforestation. Ce qui permet à la fois d’améliorer leur potentiel de production tout en stockant du carbone dans le sol de façon pérenne, et ainsi lutter contre le réchauffement climatique.

D’ordinaire, l’IUSS ne récompense que des universitaires spécialistes des sols. Le seul non scientifique a avoir été distingué à ce jour est le défunt roi de Thaïlande.

La défense des sols imposée devant plusieurs instances internationales

Les scientifiques ont « voulu dire » au ministre français « leur gratitude » pour s’être fortement engagé afin de faire passer leurs propres convictions et leurs travaux de recherche dans le public en y associant un plan d’action international et un programme de recherches, a indiqué M. Soussana.

Stéphane Le Foll a imposé le principe de l’agro-écologie et de la défense des sols devant plusieurs enceintes internationales, notamment au G20 en Chine, devant la fondation du Prince Charles en Grande-Bretagne et lors de plusieurs déplacements, aux États-Unis et en Afrique notamment.

La médaille a été remise par le président de l’IUSS, le professeur Rattan Lal, de l’université américaine Ohio State University.

L’IUSS est une société savante internationale créée en 1924, dont le secrétariat est basé à Vienne en Autriche, qui rassemble des scientifiques travaillant sur les sols, en lien avec les académies des Sciences des différents pays.

Source : Le figaro 06/01/2017

Les sols, accélérateurs du réchauffement climatique

Les sols, accélérateurs du réchauffement climatique

Source : journaldelenvironnement.net

Le réchauffement climatique pourrait engendrer une forte perte de carbone par les sols, plus qu’on ne le pensait jusqu’alors, selon une étude publiée jeudi 1er novembre dans Nature.
Sous la forme de CO2 et de méthane, ces rejets pourraient atteindre l’équivalent des émissions étatsuniennes d’ici à 2050, accélérant encore plus le réchauffement.
Plus grandes réserves de carbone terrestre, les sols sont soumis à deux phénomènes simultanés et opposés: d’une part une absorption de carbone par la végétation, via la photosynthèse, d’autre part une décomposition des matières organiques issues des organismes morts, dont les plantes, par respiration microbienne.
Nul ne sait avec certitude dans quel sens évoluera cet équilibre sous l’effet du réchauffement: la croissance végétale, stimulée par le CO2 atmosphérique, devrait certes s’accélérer, mais la hausse des températures va aussi favoriser la respiration microbienne.
A ce jour, les études menées à ce sujet divergent, selon les latitudes auxquelles ont été menées les expériences -dont nombreuses sont conduites sur de courtes périodes.
Dans une première analyse à l’état mondial, Tom Crowther, de l’université de Yale (Connecticut), et ses collègues ont regroupé les données de 49 expériences menées en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, analysant la réponse des sols à la hausse de température -dont certaines conduites sur plus d’une dizaine d’années.

LE PERGÉLISOL, EX AEQUO AVEC LES ETATS-UNIS
Leurs résultats sont sans appel: au niveau mondial, la respiration microbienne devrait nettement l’emporter sur la photosynthèse.
L’effet sera modeste dans les latitudes tempérées, où les deux phénomènes devraient à peu près s’équilibrer: les sols présentent une teneur faible ou modérée en carbone, et la croissance végétale devrait permettre d’éponger le surplus.
Rien de tel dans les hautes latitudes des régions arctique et subarctique, où le réchauffement est plus fort: jusqu’alors préservé de la décomposition par des températures glaciales, le pergélisol, épaisse couche gelée de matières organiques, va dégeler.
Ce carbone –on estime que le pergélisol contient un cinquième des stocks terrestres- sera ainsi disponible pour les micro-organismes, dont l’activité sera fortement avivée par la hausse de température.
Selon les chercheurs, ce sont 30 milliards de tonnes de carbone (GtC), qui devraient ainsi s’échapper des sols d’ici à 2050 pour toute hausse de 1°C, dans le cas où ils mettraient une année à répondre à une hausse de température.
Pour un réchauffement de 2°C d’ici à 2050 (scénario tendanciel) 55 GtC devraient s’évaporer dans l’atmosphère, ce qui équivaut à 17% des émissions anthropiques de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2050. Soit autant que les Etats-Unis, deuxième pays émetteur de GES après la Chine.

UN RÉCHAUFFEMENT QUI S’EMBALLE
Déjà inquiétants, ces chiffres pourraient être sous-estimés. Primo, les chercheurs partent de l’hypothèse que les sols ne mettent qu’un an à répondre à une hausse de température: en cas de réponse plus lente, les émissions pourraient s’élever non pas à 30 GtC d’ici à 2050 par degré Celsius, mais jusqu’à 203 GtC. Secundo, ils n’ont tenu compte que de la couche supérieure du sol (10 centimètres), la plus riche en carbone, alors que les couches inférieures devraient aussi réagir au réchauffement.
Selon Tom Crowther, «ces gaz à effet de serre pourraient accélérer le réchauffement, ce qui aurait un effet encore plus marqué sur les sols, engendrant un effet domino».
Face à un tel emballement, rien n’assure que les promesses de stocker plus de carbone dans les sols, notamment agricoles grâce à l’initiative française «4 pour 1.000», soient de quelques secours contre la fonte du pergélisol.

Rejoignez l’initiative 4 pour 1000 !

Rejoignez l’initiative 4 pour 1000 !

En s’appuyant sur de solides bases scientifiques et des actions concrètes sur le terrain, l’initiative «4 pour 1000» vise à montrer que sécurité alimentaire et lutte contre les dérèglements climatiques sont complémentaires et à faire en sorte que l’agriculture apporte des solutions. Cette initiative consiste en une coalition d’acteurs volontaires dans le cadre du Plan mondial d’action pour le climat (GCAA) soutenue par un programme de recherche ambitieux.

Source : http://4p1000.org/

Télécharger le Programme : ici

L’initiative « 4 pour 1 000 », qu’est-ce que c’est ?

L’initiative « 4 pour 1 000 », qu’est-ce que c’est ?

Source : site theconversation.com
Auteur : Jean-Luc Chotte
Date : 15 février

Présentée par le ministre de l’Agriculture Stéphane le Foll lors de la conférence« L’agriculture intelligente face au climat » en mars 2015, l’initiative « 4 pour 1 000 » a été officiellement lancée lors de la COP21. À ce jour, plus de 90 signataires (des États, des organisations internationales, des établissements de recherche, des ONG, des universités, des organisations professionnelles, des fondations…) ont rejoint l’initiative.

L’ambition de ce projet international est de fournir un cadre scientifique, organisationnel, et politique pour une transition vers une agriculture productive, résiliente, s’appuyant sur une gestion appropriée des sols.

De vastes réservoirs de carbone
Les sols fournissent en effet de nombreux services essentiels à la vie sur Terre : support des productions alimentaires, purification de l’eau, habitat pour une grande diversité d’organismes (vers de terre, champignons, bactéries…), régulation du climat, etc. La matière organique, majoritairement composée de carbone, régule la qualité de ces services : davantage de matière organique, davantage de diversité biologique, et généralement, davantage de matière organique, davantage de fertilité et donc une production accrue. Ces composés organiques arrivent aux sols par la croissance des plantes (arbres, arbustes, cultures) qui récupèrent le CO2 dans l’atmosphère et le transforment en matière organique et qui, à leur mort, enrichissent les sols en carbone.

À l’échelle de la planète, la quantité de carbone organique stocké dans les sols (jusqu’à 30 centimètres de profondeur), est plus importante que la quantité de CO2 de l’atmosphère. Des évolutions minimes de ce vaste réservoir du sol peuvent avoir des conséquences majeures, à la fois sur la productivité agricole, mais aussi sur le cycle mondial du CO2, l’un des principaux gaz à effet de serre (GES) responsable du réchauffement climatique.

L’agriculture, émettrice de GES
Lutter contre la diminution du stock de carbone organique des sols, augmenter la taille de ce réservoir représentent des enjeux majeurs pour relever le triple défi de la sécurité alimentaire pour nourrir une population croissante, de l’adaptation des systèmes de production aux changements environnementaux, et de la diminution des gaz à effet de serre produit par les sols.

Actuellement, la concentration de GES est en constante augmentation – une source Internet sur ce point ?, faisant peser une lourde menace sur la vie de notre planète. L’agriculture n’est pas étrangère à cette augmentation puisque le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat considère que prés d’un quart de ces gaz à effet de serre sont dus aux activités liées à l’usage des sols (agriculture, forêt). Il convient donc de toute urgence de réduire ces émissions pour tous les secteurs économiques (transports, industrie, usage des sols…), mais aussi de mettre en œuvre des actions concrètes qui permettent de retirer de l’atmosphère tout ou une partie de ces gaz à effet de serre qui s’y accumulent chaque année.

Un accroissement annuel du réservoir du carbone organique des sols de 4 pour 1nbsp;000 (0,4 %) permettrait de compenser l’augmentation nette actuelle des émissions de CO2 vers l’atmosphère. L’initiative « 4 pour 1 000 » répond à cet enjeu. Elle a pour objectif d’encourager le stockage du carbone dans les sols par des pratiques agricoles adaptées aux conditions locales (nature du sol, type de climat, pratiques des agriculteurs, politiques agricoles).

En favorisant le développement des pratiques dites « séquestrantes » et en stimulant la création d’innovations techniques pour répondre à des enjeux locaux de sécurité alimentaire, cette initiative s’inscrit dans un enjeu global de réduction des quantités de GES émis annuellement et ainsi de lutte contre le réchauffement climatique.

Des actions concrètes
Pour permettre la mise en œuvre d’actions concrètes sur le terrain qui bénéficient à tous les secteurs de l’agriculture, l’initiative est articulée en deux volets. Le premier concerne la recherche et s’inscrit dans le cadre d’une coopération internationale portant sur quatre grands domaines :

L’étude des mécanismes de séquestration et l’estimation du potentiel de stockage de carbone dans les sols. Ce potentiel diffère en effet entre un sol sableux et un sol argileux ; la dynamique d’accroissement varie également en fonction du climat.
L’évaluation des pratiques « 4 pour 1 000 » et celles qui le sont moins.
La définition des modalités des choix politiques qui doivent accompagner la transition vers le déploiement des pratiques « 4 pour 1 000 ».
Le suivi et l’évaluation sur les stocks de carbone de la mise en œuvre de pratiques « 4 pour 1 000 ».
L’autre volet porte sur un plan d’action impliquant États, organisations professionnelles et organisations de la société civile pour le déploiement des pratiques « 4 pour 1 000 » en apportant un soutien adapté aux conditions locales. Les premiers résultats de multiples démarches ne manqueront pas de trouver un écho lors de la prochaine COP22, organisée en novembre 2016 à Marrakech.

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