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Source : CNRS-INSU
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Les mécanismes contrôlant la persistance du carbone organique dans les sols viennent d’être révélés par une équipe internationale pilotée par le CNRS. Grâce à l’analyse d’une collection d’échantillons de sol exceptionnels, les chercheurs ont pu mettre en évidence une origine énergétique à la persistance du carbone: le carbone organique stable serait laissé de côté par les micro-organismes décomposeurs du sol en raison de son trop faible contenu énergétique. Ces résultats ont permis d’initier un projet de norme ISO visant à quantifier la durabilité du carbone stocké dans les sols. Ils ouvrent également la voie à une nouvelle génération de modèles de la dynamique du carbone dans les sols basés sur son énergie.

Malgré le rôle central qu’elle joue dans la fertilité des sols et dans la prévision de l’évolution de la concentration en CO2 atmosphérique au XXIe siècle, la dynamique de la matière organique dans les sols reste mal comprise. Les sols contiennent une grande variété de matières organiques dont les temps de résidence sont très divers (de quelques heures pour les matières organiques les plus labiles à plusieurs décennies ou siècles pour les matières organiques les plus stables). Malgré plusieurs décennies de travail sur le sujet, les mécanismes expliquant la persistance de la matière organique dans les sols demeurent activement discutés, ce qui limite fortement notre capacité à prédire l’évolution des stocks de carbone du sol dans le contexte des changements globaux.

Ce travail fournit, pour la première fois de manière aussi claire, une explication énergétique à la stabilité du carbone dans le sol: le carbone stable serait laissé de côté par les micro-organismes du sol en raison de son trop faible contenu énergétique.

Les perspectives de ce travail à court et moyen terme sont très riches. À court terme, ces résultats sont actuellement utilisés dans le cadre d’un projet de norme ISO qui tente de proposer une méthode normée permettant de déterminer les quantités de carbone labile à l’échelle de 20 ans et de carbone stable à l’échelle séculaire. À moyen terme, ce travail pourrait constituer un point de départ pour des modélisations plus réalistes de la dynamique du carbone dans les sols, car basées sur le contenu énergétique de la matière organique.

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